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Mikael Moreau

La "naissance" du robot personnel

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Nous avons réussi à discuter avec Brian David Johnson, le futurologue attitré d'Intel, pour parler de ce qui était ressorti d'une table ronde lors du CES. Le sujet en était: "L'innovation électronique: Aller là où personne n'est encore allé" Brian David Johnson était accompagné de Tim Bajarin, analyste chez Creative Strategies, Robert Stephens, directeur technologique de Best Buy, et Henry Holtzman, directeur du Media Lab, au MIT.

 

Merci de nous recevoir, Brian. Avez-vous noté des sujets particuliers qui ont déclenché la discussion lors de cette table ronde ?

Oui. Nous avons commencé par demander aux participants de réfléchir sur le futur de la technologie; où nous en serions dans 20 ans. Cette question paraissait étrangère à beaucoup d'entre eux. De nos jours, l'idée de "futur de la technologie" semble surtout concerner la prochaine génération de gadgets, qui sortiront dans 12 à 18 mois. Comment savoir ce qui se passera dans deux décennies ? La réponse est alors arrivée: les robots personnels.

 

D'accord, les robots personnels. D'où vient une idée comme celle-ci ? 

Nous commençons par les sciences sociales. Nous avons des ethnographes et des anthropologues qui étudient les gens dans le monde entier, et qui nous donnent leurs analyses sur le comportement humain. Équipés de ces informations, nous nous demandons alors "Qu'est ce qui est possible avec la technologie ?", et ensuite "Comment rendre la vie meilleure ?" Pour le moment, nos équipements sont trop en demande, ils ont besoin en permanence d'être "rassurés" sur le fait que ce qu'ils font est bien. Ils nous posent des questions, comme "Dois-je installer cette mise-à-jour ?", plutôt que de prendre l'initiative de l'installer, sans nous faire perdre de temps. Nous allons les voir devenir plus intuitifs et plus attentifs à nos besoins.

 

On a l'impression d'être plus près de créer un robot personnel qu'on ne pourrait le croire. 20 ans, est-ce réaliste ?

C'est un domaine dans lequel Intel investit beaucoup. Du point de vue de la programmation et de l'énergie, nous y sommes, mais pour ce qui est de la fabrication, il reste du travail à faire. L'objectif principal en termes de fabrication est de la rendre économiquement abordable. Les matériaux sont abordables, mais le processus de fabrication pour les assembler ne l'est pas du tout.  Au fur et à mesure que le coût des matériaux devient plus économique, le coût d'un robot personnel se rapproche de plus en plus de celui d'un ordinateur portable qu'on ne pourrait le croire.

Au CES, on pouvait trouver énormément de composants robotiques, depuis les appareils à commande vocale ou gestuelles jusqu'aux écrans tactiles, et tout cela repousse les frontières de l'interaction. Nous utilisons d'ailleurs déjà des appareils possédant un certain niveau intelligence émotionnelle. Je trouve que Siri et Nuance, ces assistants personnels activés vocalement, qui vous aident à envoyer des messages, à fixer vos rendez-vous et à rechercher des informations, sont assez intéressants de ce point de vue: ces logiciels ont une personnalité, et dans une certaine mesure, un sens de l'humour que les gens apprécient. D'autres participants au débat, comme Holtzman ou Stephens étaient peu convaincus de l'importance de la personnalité, et suggéraient que nous préférions en fait l'automatisation à l'interaction.

 

Pourquoi voudrais-je un robot personnel chez moi ?

Avoir un robot personnel chez soi à implique certaines choses, c'est évident, mais il peut avant tout vous faciliter la vie (et la rendre plus excitante). En venant directement vous signaler que vous avez un e-mail, ou en vous amenant un téléphone qui sonne, par exemple. Pour les plus âgés d'entre nous, cela pourrait changer radicalement la vie, en révolutionnant le domaine médical, à travers une présence 24h/24 auprès du patient.

Les robots pourraient également être équipés d'une plateforme de téléchargement d'applications. Ainsi, ils pourraient apprendre certaines compétences, et les enseigner. Ainsi, la prochaine fois qu'un enfant demanderait de l'aide pour un travail d'anglais, de physique, ou de maths avancées, le robot pourrait être votre sauveur. Il suffirait de télécharger une application, et il serait à même d'enseigner cette matière. Ou, plus capital encore, lorsque après une très longue et dure journée de travail au bureau, vous avez besoin d'un gin-tonic parfaitement dosé, le robot pourrait télécharger une application "comment faire un gin-tonic", et celui-ci serait prêt à votre arrivée chez vous.

 

Donc, si nous devons laisser ce genre d'appareils entrer dans nos maisons et nos vies, et interagir avec nos familles, à quoi peut-on s'attendre du point de vue de l'aspect ?

Dans le futur proche, il est probable qu'ils ressemblent plus ou moins à des ordinateurs portables avec des jambes. Plus tard, nous développerons sans doute l'aspect, pour quitter cet extérieur de science-fiction, et adopter quelque chose de plus plaisant, esthétiquement. Par exemple, comme le nounours dans le film A.I. Il est plein de personnalité. Avec ses expressions et ses traits presque humains, et ses gestes amicaux (il se dandine légèrement), il devient plus agréable. Une fois tout cela évoqué, les participants au débat avaient formé leurs opinions sur le sujet: Bajarin est resté quelque peu sceptique, Holtzman a paru enthousiasmé par ces avancées technologiques, et Stephens voulait déjà en évaluer le coût pour le vendre !

 

 

Il semblerait donc que l'idée ait beaucoup plu aux participants. D'autres sujets ont-ils été évoqués ?

Un autre point est venu dans la discussion, que j'ai trouvé intéressant. Avec l'évolution des robots, une communauté de robots pourrait émerger. Cela pourrait être comme un réseau social, créé pour aider les robots à communiquer entre eux, partager les connaissances et s'améliorer. Cela m'a amené à me demander ce qui arriverait si apparaissaient des éléments de réseaux sociaux pour les robots personnels. Rapidement, Facebook pourrait avoir plusieurs milliers de membres supplémentaires, provenant de cette nouvelle communauté. Je ne peux pas m'empêcher de me demander: c'est déjà tellement décevant lorsque votre enfant refuse d'être votre ami sur Facebook; ne serait-ce pas encore pire si un robot personnel que vous auriez acheté vous-même vous laissait en dehors de ses amis Facebook ?

 


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